Le projet PRISMA France

PRISMA France signifie Projet et Recherches sur l'Intégration des Services pour le Maintien de l'Autonomie en France.

Ce projet vise à implanter de façon expérimentale en France un modèle d'intégration des soins et des services pour les personnes en perte d'autonomie, basé sur la gestion de cas. L'expérimentation a lieu sur trois sites pilotes contrastés (méga-urbain, urbain et rural). Ce projet expérimental d'intégration, PRISMA France, est mené par une équipe multidisciplinaire à laquelle des membres des administrations de tutelle, en lien avec les services aux personnes en perte d'autonomie, et des chercheurs collaborent aux prises de décisions stratégiques et scientifiques. PRISMA France est financé par la Direction Générale de la Santé (DGS), du Ministère de la Santé, la Caisse Nationale de Solidarité pour l'Autonomie (CNSA) et le Régime Social des Indépendants (RSI). Le projet expérimental a, de plus, été approuvé par les instances nationales suivantes: CNAMTS, CCMSA, DHOS, DGAS, CNAV, IGAS, HAS**.

PRISMA France projet a été mené de 2006 à 2008. Les trois sites PRISMA poursuivent l'implantation du dispositif en s'autonomisant. Deux d'entre eux sont site expérimental MAIA (Paris 20 et Haut Rhin). Les recherches se poursuivent sur les trois sites jusqu'à la fin 2010 grace au soutien financier de la DGS et à l'accord de nos partenaires sur les trois sites. PRISMA France se propose d'adapter au contexte particulier des soins et services français un modèle d'intégration né au Québec, qui a montré son efficacité sur de nombreux paramètres de santé publique et notamment la prévention de la perte d'autonomie : PRISMA*

1. Le contexte français

  • Le défi démographique
  • La coordination entre les secteurs sanitaires et sociaux en France : des avancées incontestables mais une persistance d'insuffisances notamment pour les cas les plus complexes
  • Fortes disparités territoriales
  • Des expériences étrangères de « case management » ou « gestion de cas » : probantes en ce qui concerne la prise en charge des pathologies chroniques handicapantes et la prévention de la dépendance dans le grand âge.

 

2. Le modèle québécois PRISMA*

*Programme de Recherche sur l’Intégration des Services de Maintien de l’Autonomie

Le modèle PRISMA vise à améliorer la continuité des soins et des services reçus par les personnes âgées en perte d'autonomie. Le modèle de gestion de cas expérimenté au Québec se base sur un système intégré qui, en se développant à l’intérieur même du réseau de soins et de services d’un territoire, en modifie durablement le fonctionnement et l'organisation. Selon ce "modèle", les six conditions suivantes sont essentielles pour réaliser l'intégration des services :

  1. La concertation de tous les acteurs à tous les niveaux
  2. l’utilisation d'un processus de gestion de cas
  3. la mise en place d'un guichet unique à la gestion de cas
  4. l’utilisation d'un outil d'évaluation multidimensionnel standardisé
  5. l'utilisation de plans de services individualisé
  6. Le partage d'informations cliniques

Les conditions de la réussite de l’intégration :

  • la définition des modalités de partenariats entre les intervenants et entre les financeurs
  • la coordination de l’ensemble des partenaires (financiers, sanitaires et sociaux)
  • l'adhésion des différentes structures impliquées au réseau intégré avec adaptation de leurs ressources et de leurs actions.

Le gestionnaire de cas coordonne avec la personne les soins et les services. Quatre caractéristiques définissent le gestionnaire de cas :

  1. Un correspondant unique, responsable de la prise en charge globale et interlocuteur direct de la personne et de son médecin traitant
  2. Un champ d’action pour ce gestionnaire de cas aussi bien social que sanitaire
  3. Une action continue dans le temps (y compris lors d’hospitalisations…)
  4. Un projet individualisé partant de la demande de la personne et de sa famille.

Ainsi pour la personne âgée, le gestionnaire de cas joue le rôle central. Les premiers résultats de PRISMA montrent que le modèle est reproductible avec un taux d'implantation dépassant 70% dans trois sites expérimentaux au Québec. Le système d'intégration de soins et services PRISMA a permis une diminution du nombre de visites aux urgences dans les sites expérimentaux et une amélioration importante de la satisfaction et de l'autonomisation des personnes.

(vous pouvez télécharger ici un court résumé de la littérature sur l'intégration au format PDF)

 

3. Le projet expérimental d'intégration, PRISMA France

Ce projet, PRISMA France, a commencé au printemps 2006. Sur 3 sites contrastés (méga-urbain, urbain et rural), l’expérimentation vise à évaluer l’implantation du modèle d’intégration des soins et des services, en identifiant les facteurs de succès et d’échec de cette mise en place. L’évaluation réalisée sera principalement qualitative sur la période 2006-2010.

Cibles de l’intervention
Les personnes qui du fait de leur âge, de leur handicap ou des pathologies invalidantes prises en charge en ALD, souffrent d'une perte d'autonomie nécessitant le recours à des aides venant à la fois du champ sanitaire et social. Les personnes ciblées doivent souhaiter et accepter une assistance professionnelle dans la négociation, la recherche et le suivi des aides reconnues nécessaires.

 

4. Modification du tissu organisationnel en 2008-2009

Au cours de l'expérimentation, la conception puis la mise en oeuvre du Plan National Alzheimer a été source d'importantes modifications du projet. En effet, dans sa mesure 4 intitulée "Maisons pour l'Autonomie et l'Intégration des Malades d'Alzheimer", le plan se décline comme impératif organisationnel les six axes de l'Intégration du modèle PRISMA. La mise en oeuvre de cette mesure a été contemporaine de l'arrêt de la phase d'accompagnement organisationnel qu'assurait l'équipe PRISMA France sur les trois sites. Les trois sites PRISMA France ont déposé un dossier à la CNSA en vue d'être site expérimental MAIA. Deux d'entre eux ont été retenus et bénéficient ainsi de la poursuite de l'accompagnement par une équipe de pilotage nationale. Les travaux de recherche se poursuivent. Ils ont donné lieu à un premier rapport en 2009. Ils permettront de documenter notamment l'impact de l'inscription de l'intégration dans une politique nationale sur les possibilités réelles de modification organisationnelle.